# 120 raisons de ne pas porter plainte…


 

120 ILLUSTRATIONS DU DÉNI DE LA SOCIÉTÉ

Dans l’introduction de l’article # j’ai porté plainte en 1810*, il était fait allusion aux raisons nombreuses et variées qui poussent les victimes de viol, d’agressions à ne pas porter plainte. A la question posée par le hastag #jenaipasportéplainte , prolongement de la campagne Manifeste pas de Justice, pas de paix [http://pasdejusticepasdepaix.wordpress.com/] beaucoup de victimes ont témoigné des quelques raisons qui les ont  condamnées  à se taire.

Parmi elles, une femme ne peut pas se limiter à deux, trois, quatre, ou même cinq raisons. A partir de son vécu, de ses rencontres, des témoignages d’amies, elle nous fait partager ses 120 #jenaipasportéplainte. Toutes ces raisons ont pour socle commun et unique : le négationnisme dont la société fait preuve : 120 #jenaiportéplainte . Autant de raisons qui ont justifié le silence… Autant de raisons qu’une société digne de ce nom ne devrait plus admettre. Autant de raisons qui doivent faire sortir la société de son déni complice des agresseurs. Qu’une seule et même  personne découvre 120 raisons de ne pas porter plainte cela démontre le déni profond dans lequel la société se complait. Ce blog dont l’objectif premier est d’attirer l’attention sur le négationnisme de la société ne pouvait que publier un témoignage qui en est une illustration   limite « caricaturale » . Malheureusement dans ce témoignage, comme dans les centaines publiés sur le blog Manifeste pas de Justice, pas de paix, aucune caricature  sinon celle d’une réalité atterrante.

Ce témoignage fait écho à tous les autres publiés sur le blog Manifeste pas de justice, pas de paix. Ce témoignage n’est pas isolé de tous les autres , il les rejoint car  comme l’a dit récemment Muriel Salmona [http://stopauxviolences.blogspot.fr/]: nous faisons tous et toutes partie de cette belle « aventure » briseuse de silence….

#jenaipasportéplainte parce que la société ne veut pas savoir qu’elle me pousse a accepter

Il y a quelques jours, je regardais tranquillement un film. Il était un roi, fort de son statut dormant dans sa chambre médiévale, avec toute sa suite. Et là, moi, jeune femme active, ai eu une pensée que je n’avais plus connue depuis mes 10 ans quand je cherchais des trésors avec les pirates de Stevenson ou que j’arpentais la garrigue avec Pagnol. Je me suis projetée, j’ai imaginé comment ça devait être, d’être cette personne pleine de certitude, respectée par tous, menant le pays. Ce fut fugace, très rapidement je me suis souvenue que non je ne pourrais ressentir cette confiance, ce respect, ce pouvoir puisque j’étais une femme et qu’en tant que femme, même reine,  il devait toujours y avoir quelqu’un prêt a vous violer, à en avoir a vos attributs féminins, votre sexe. Le roi déjà par exemple, ou son frère, son cousin, un ennemi, que sais-je ?…
Le fait d’avoir oublié, l’espace d’un instant, la menace du viol et m’être sentie libre comme quand je croyais que les femmes étaient des être humains comme les autres  et que filles et garçons pouvaient avoir les mêmes droits, les mêmes rêves, ce sentiment de sécurité, je l’ai eu juste après avoir posté mon dernier tweet expliquant pourquoi je n’ai pas porté plainte.
J’ai alors réalisé que c’était sur cette menace d’être violée, inhérente à notre sexe , arme ultime de soumission, que reposait tout le sexisme. Si nous n’avions pas peur d’être violées, ne regarderions-nous pas aussi des matchs dans des bars en buvant plein de bières sans crainte pour notre vulnérabilité? Ne partirions-nous pas aussi à l’aventure seules dans des pays lointains ? Ne pourrions-nous pas nous battre pour le pouvoir quel qu’il soit, la couronne dans ce film ou juste celui de sa vie?
Ainsi, j’avais remonté le fil de ce conditionnement qui a fait que moi aussi, femme active diplômée et tout ce qu’on veut,  je me freine parfois, surveille mes arrières souvent. Pas envie de me faire « trucider », parce que personne ne peut nier que le risque soit réel, ni que tout sera fait pour ma sécurité et m’assurer justice.
Nous ne réalisons même plus que ces agressions, ces phrases, ces témoignages, toutes ces petites choses répétées que l’on repousse ou fui, ce sont ces bricoles qui nous arrivent et que l’on tait, qui nous font tâter que le viol, cette torture, est le moyen de nous garder en état de soumission. Par sa peur, sa menace, son horreur puis son souvenir et ses conséquences.
Mais  surtout je n’oublierais pas qu’après avoir posté le 119eme tweet , je l’avais oubliée cette menace. J’avais cru, comme un enfant, que je pouvais être Charlemagne, Clovis ou Mérovée, que j’aurais pu m’imposer « comme un homme » sans être brisé(e) dans mon élan par la menace du viol, qui nous contient nous femmes dans notre position, celle de proie.

 

 

#jenaipasportéplainte…

… parce que j’ai compris adulte que cela avait été des attouchements subtils ce truc pas compris quand j’avais 7 ans

… parce que un ami plus âgé est venu a ma rescousse et qu’avec mes 11 ans je n’avais pas vu le danger

… parce que je crois que je l’ai évité de justesse en courant et que j’avais 13 ans

… parce qu’avec tout cet alcool je ne pensais pas que certains viendraient me prendre en photo pendant l’amour avec mon copain

… alors que ces photos ont été diffusées et projetées en cours, et m’ont suivies pendant 7 ans

… parce qu’on était une bande de potes, qu’on a tous squattés et dormis ensemble, et qu’il s’est arrêté quand j’ai menacé de crier

… parce qu’ils m’ont « juste » découpé ma culotte à travers le jean en criant « c’est comme un viol », c’était des « copains »

… parce que je me suis convaincu que j’en avais eu envie finalement

… parce qu’avec tout cet alcool je me suis convaincu que j’en avais eu envie de faire ce qu’il voulait, cet inconnu et sa p*pe

… parce que c’était mon copain et qu’on était déjà dans un lit nus ensembles, mes  » non!  » seraient ils « recevables » sans marques?

… parce que j’étais d’accord pour des rapports mais pas pour ce qu’il voulait comme pratique, qui allait comprendre la nuance?

… alors que mon kiné attendait que je me retourne pour me frôler les fesses, j’avais 14 ans

… Quand j’ai croisé un exhibitionniste sur le chemin de l’école a 6 ans, là j’ai / on a porté plainte

… pas quand je croisais un exhibitionniste par mois a 15 ans

… c’était un troll, c’était une menace de meurtre et de viol, c’était ma réputation, mon image, j’en ai eu des bleus

… pour les mains baladeuses du médecin, ce n’était que mes cheveux, que mon bras, que mon corps, que mon intégrité

… pour le kiné qui en rougissant me dévisageait et me matait des pieds à la tête a chaque fois que je me déshabillais

… et ma grande tante A non plus, elle avait 7 ans lors de ses attouchements

… et ma femme de ménage B non plus, elle avait 15 ans, pas de toit, sa mère l’avait jeté dehors et  » rien n’est gratuit « 

… et ma copine C non plus, elle avait réussi à échapper au type qui s’était introduit dans sa chambre d’ado

… et mes copines non plus ce n’était que des mains sur la cuisse, et surtout le directeur du lycée

… et ma cousine D non plus, c’était en voyage, elle avait 6 ans, dans un pays étranger, des attouchements

… et ma collègue E non plus c’était son copain, il lui courait après dans l’appartement pour la violer

… et ma copine F non plus c’était en faisant du stop, une fois dans la voiture elle a été obligé de les s*cer, les 3

… et ma copine G non plus elle avait réussi à lui échapper dans un compartiment trop vide de la SNCF, a 17 ans

… et ma copine H non plus, elle s’est débattue dans son allée et il est parti finalement

et mes copines I et J non plus, on a baissé les yeux devant les exhibitionnistes devant le lycée, pendant toute l’année

 quand un type m’a saisie l’entrejambe en me croisant dans la rue

 c’était son copain, K n’arrivait pas a le quitter, sa mère L non plus n’avait pas porté plainte, elle c’était son frère

 la mère de ma copine M non plus c’était son oncle, elle avait 10 ans

 la cousine de ma copine N non plus c’était son copain du lycée

 ma copine O non plus, c’était son copain du moment et son frère lui avait aussi promis de garder son secret

 la meilleure amie de ma copine P non plus, c’était son copain, ça « arrivait », elle ne savait pas quoi faire

 pour les mains insistantes du dentiste, ce n’était que ma bouche, que mon bras, que mon corps, que mon intégrité

 parce le psychologue de l’hôpital ma dit que sans marques a part 2 petits bleus, on n’allait pas me croire

 parce que tout le monde m’a dit « pourquoi après as-tu attendu qu’il se réveille et parte enfin »?

 parce que tout le monde m’a demandé pourquoi après je ne l’avais pas sodomisé avec un ustensile de cuisine pendant son sommeil

 et ce jour là j’ai compris que mes amies et connaissances non plus, pourtant toutes avaient vécues agressions, viol, tentatives

 mais je lui ai écrit tout le mal qu’occulter mes « non » avaient fait, il a voulu s’excuser, s’expliquer, c’était trop tard

 mais je l’ai dit dans Twitter, parce que Pas de Justice Pas de Paix, il est temps que ce tabou cesse

 mon « amie » s’est empressée de raconter « mes problèmes » dixit à nos collègues de bureau et moi j’ai gardé secret le sien

 et pourtant on aimerait toutes et tous qu’ils soient punis, que justice soit faite, que nous soyons protégées

 parce que je crois que je l’ai évité de justesse en courant dès qu’il m’a lâché enfin la main et que j’avais 13 ans

 plus tard parce qu’à 14ans ma mère m’avais lancé « tu veux te faire violer dans l’escalier? » alors que je dansais avec un garçon majeur

 parce que la copine qui nous a présentés a excusé mon agression par le fait que notre histoire n’était pas assez « romantique »

 parce qu’on m’a dit après le viol qu’il fallait que je choisisse mieux mes copains

 parce que les réactions des trolls et détournement sur Twitter sont le reflet de la façon dont on vous traite en vrai

 non plus quand j’ai réussi à m’enfuir de la voiture qui me ramenait chez moi et qu’il ne voulait plus me lâcher, j’ai couru

 aussi parce que mes amis qui le connaissaient et l’on su, ont rigolé en disant « il lui a montré sa b*t* et elle a eu peur »!!

 plus tard parce que celles a qui j’avais confié la tentative de viol de mon adolescence me reparlais toujours de « avec ce que tu as subi »

 non plus quand un copain m’a dit que s’il me ramenait en voiture, il allait falloir y passer

 et vu nombre de tentatives d’agressions je me suis toujours demandée comment une femme arrivait a ne jamais être violée de toute sa vie

 parce qu’en France le viol et les agressions sexuelles c’est juste des affaires de bonnes femmes … mal baisées

 aussi pour ne pas être stigmatisée par cette affaire au boulot, par mes amis et rester « fréquentable » pour les garçons

 pour ne pas être stigmatisée, et quand une collègue a lancé « quand on se fait violer c’est la honte on le dit pas, hein ?! » ça c’est confirmé

 me suis toujours demandée comment arriver a ne jamais être violée de toute sa vie et ai conclue que c’était presque une fatalité taboue

 et je ne connais pas une femme qui n’ai pas au moins une sale histoire à raconter

 et Q l’ex de mon frère non plus, elle avait été abusée pendant son enfance

 parce que moi non plus la grande gueule on ne me viole pas

 parce que j’avais 13 ans, j’ai couru et que c’était mon prof de planche, l’idole de l’hôtel ou nous étions en vacances

 parce que c’était l’idole de l’hôtel ou nous étions en vacances et que ça faisait rire le fils d’amis censé veiller sur moi

 parce que ma réputation avait déjà été salie par la diffusion d’images de moi prises à mon insu, je pensais qu’on ne me croirait jamais

 parce qu’en vrai personne ne veut entendre parler de ça, personne ne veut croire que c’est vrai, ça arrive a n’importe qui

 parce qu’il y a des gens comme @Moundir qui envoient 6200 tweets qui nous répondent « Tiens ta femme! » pour qu’on se taise

 et ma copine R non plus quand elle réussi a s’échapper de la maison ou deux types voulaient la forcer a faire un plan a trois

 parce que les gens disent que ça les fait pleurer, qu’ils te regardent ensuite différemment, pour le droit de parler + le droit d’oublier

 parce qu’on m’avait expliqué ado que j’avais de la chance et que pour beaucoup la première fois était le fait d’un père/frère

 parce que comme il parait qu’on ne veut pas vivre dans une société puritaine alors les plaintes des filles que ça fait pas rire, hein..

 quand ceux qui me ramenaient en voiture ont refusés de me poser chez moi mais plutôt chez le type avec qui je venais tout juste de sortir

 parce que le passé de Jodie Foster dans « Les Accusés » m’avait bien appris que pour prouver le viol, il faut prouver son « innocence »

 et ma copine S non plus quand elle a du quitter sa boite parce que son maître de stage la tripotait dès qu’il pouvait

 et ma copine T non plus quand en CM2 des garçons plus âgés l’ont enfermé ds les toilettes pour la tripoter, elle s’est débattue

 parce que les 2 amies à qui je me suis confiée me rabâchent les oreilles avec « mais comment fait on pour surmonter ça? » et

 et à chaque fois je me redemande quel est ce « ça »? dont elles parlent, car je ne suis pas que « ça », ce viol..

 et tous ces tweets sont totalement et malheureusement vrais

.et vu les détournements haineux des tweets j’ai bien fait de créer un compte Twitter anonyme

Les blagues douteuses sur le #jenaipasporteplainte sont la parfaite explication de pourquoi nous n’avons pas et #jenaipasporteplainte

 parce que si les gens trouvent ça horrible à lire sur Twitter, comment croyez vous qu’ils réagissent de vive voix?

 parce que quand vous en parlez de vive voix, les gens ne veulent pas savoir, pas entendre, pas imaginer, pas voir, pas comprendre

 parce qu’en vrai les gens veulent juste que ça n’existe pas, alors ils font comme si ça ne le pouvait pas et s’en persuadent

 après non plus parce que je ne voulais pas entendre « mais pourquoi n’as tu rien dis? » ben oui ça pourquoi? Pour tout ça

 parce que les gens veulent que ça n’existe pas pour se dire que ça ne concerne que les psychopathes et les filles a problèmes

 aussi parce que les gens pensent que si t’es violée, t’es foutu, tu ne peux pas aller bien, t’es juste une dépressive latente

 aussi parce que quand on en parle autour de soi on dirait que ce sont eux qui se sont fait violer, qu’ils se sentent sales

 aussi parce qu’ils se sentent sales et que c’est ta faute, puisque c’est toi qui le leur raconte, alors ils préfèrent pas

 et j’ose parler de « ça » que parce que j’ai un compte anonyme avec email anonyme, comme si j’avais braqué une banque ou tué

 et n’ose parler que sur Twitter strictement anonymement et pourtant j’ai pas braqué une banque, de quoi suis je coupable?

 aussi parce que vu la loi actuelle, son application, ma plainte ne servirait a rien, à part à me décourager, pas assez de preuve

 mais j’aimerais vraiment que mes enfants aient plus peur de se faire voler leurs sac que de se faire agresser sexuellement ou violer

 et si toutes les autres non plus, c’est pas aussi quand même parce qu’il y a une totale impunité pour les agresseurs sur le sujet?

 et pour qu’on puisse le faire, il faudrait commencer par arrêter de nier ou chialer quand on en parle, juste écouter et punir

 et on ne vous demande jamais « peut être votre sac était-il trop courtement vêtu? »

 et on ne vous demande jamais « votre sac ne l’avez vous pas donné spontanément et vous avez oublié? »

 et on ne vous demande jamais « êtes vous sure que les voleurs avaient vu que votre sac à main était à vous? »

 et on ne vous demande jamais « êtes vous sure que le voleur n’a pas pu croire que vous le lui offriez, votre sac a main ? »

 et on ne vous demande jamais « Votre sac a été volé par la personne que vous aviez invitée à boire un café chez vous, c’est pas un vol ? » …

Un immense MERCI a tous les trolls et détournements supposés drôles ou dénigrements de montrer a tout le web POURQUOI nous et #jenaipasporteplainte

 mais si l’on me poignardait même avec un cure dent, je le ferais, ou est le problème?

 et comme je croyais être la seule dans ce cas, je pensais avoir le mot « OBSCENE » écrit sur le front, seule explication

 et parmi A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, U certaines l’ont surmonté, d’autres essayent et le reste n’est plus là pour le dire

 aussi parce que pour éviter les attouchements du kiné ma mère m’a dit de mettre des sous-vêtements moins voyants moins jolis

 mais si j l’ai surmonté et que j’en parle aujourd’hui c’est que quelqu’un, et  2-3personnes et plus m’ont répétées que « ce n’était pas de MA faute »

 mais je le ferais bien si j’étais sure que cela ne me porterais pas et jamais, préjudice à MOI, même si ça aboutissais pas

 parce qu’on me croirait plus si je portais plainte pour vol de sac à main, mobile ou agression verbale, mais ça pourquoi personne n’y croit?

 et elle non plus, à chaque fois que j’écoute « L’aigle noir », je visualise ce dont elle parle, et mon cœur se fige, peur

 entre autre parce qu’une amie m’a dit « si ça avait été moi je lui aurais mis une claque il aurait arrêté », ben oui voyons

 aussi parce que lorsque U, une cousine s’est souvenue avoir été violée petite enfant, personne ne l’a crue, toute la famille s’est moquée

 aussi parce que j’entends par exemple aujourd’hui pour éviter les attouchements certes non sexuels du dentiste « tu n’as qu’a enlever ses mains et te libérer » oui, oui

 et suis convaincue que tout ceux qui minimisent, éludent, moquent, réfutent sont aussi concernés d’un coté comme de l’autre

 mais y réfléchir, le dire ici, se savoir cru et penser au Manifeste déjà ça permet de rassembler histoire et ressenti

 et le pote qui avait été top sur le coup, plus tard a répandu à cause de la confidence de mon viol que j’aimais les trucs glauque comme si j’étais une grosse perverse, merci bien

 rien dit aussi parce que ma mère ne me permettant pas de couvrir ma poitrine naissante avec un haut de maillot, je me suis sentie exposée/offerte aux regards dont cet homme, ce prof de planche, en Tunisie

 et le dire, réfléchir aux raisons, les exprimer et juste savoir que quelqu’un le croit et agit, c’est surement ça qui manque

 mais sincèrement je crois que c’est finalement pas à moi, à nous, de porter ça, le poids des agressions et crimes ordinaires

… un jour c’est un Troll, un autre de la condescendance

… non plus pour ce jour ou j’ai obéi, j’ai subi, j’ai pleuré, il a pris son « dû », j’ai fait semblant d’assumer, puisqu’il y avait des photographes

…parce qu’a force d’entendre « stop a la pudibonderie, le sexe c’est la nature, c’est normal entre adultes c’est chouette »..

…je ne savais pas ou mettre le curseur entre relation et abus de confiance, sexe et amour, il a profité de ma naïveté et ma candeur, j’avais 17 ans lui 30

…et si tout cela est dérangeant à lire, n’est ce pas parce que, en jouant le jeu totalement, j’ai trouvé tant de « raisons »?


Alors, je relis tout ça et de savoir que ce sont toutes ces raisons qui m’ont conditionnées à accepter,  me permet de taper du poing sur la table, car  non, je ne suis pas d’accord pour accepter cette fatalité, ce tabou. Et c’est ce refus qui me permet de continuer à avoir l’ambition de mener la vie que je veux sans me sentir limitée par mon sexe, de pouvoir moi aussi vouloir être un roi, un président, un aventurier, un PDG, un être humain libre, le héros de ma vie, moi.

*https://lacorrectionnalisationduviol.wordpress.com/jai-porte-plainte-en-1810/

10 réflexions au sujet de « # 120 raisons de ne pas porter plainte… »

  1. Moi qui était toujours dehors a faire le singe , a construire des cabanes dans les arbres et bien loin de l’idée de mon sexe …de mon genre ..je me prenait pour la reine de la foret celle qui parlait le langage des animaux …qui marchait des heures seule la nuit en plein vent et dans le froid sans jamais craindre pour mon intégrité physique
    Mois je veut garder ma liberté d’être

    • Merci Agnes pour ce témoignage! 🙂
      Je ne suis alors pas la seule a avoir eu des rêves de libertés.
      Et c’est pour ces rêves là que je n’ai pas pu me taire car la cause portée par le Manifeste Pas de Justice Pas de Paix et l’action de M.Salmona est au centre de nos vies.
      Pour enfin se débarrasser de cette épée de Damoclès, qui nous suit partout, tout le temps..
      Entre un chevalier et une reine de la foret (druide?) nous allons bien y arriver, non? 😉

  2. Merci pour l’article.
    C’est tellement vrai, je rêvais d’aller en boite uniquement pour danser et m’amuser avec mes copines quand j’étais plus jeune, je n’y suis allé que 3 fois à cause du fait qu’on se fait tripoter à chaque fois même en les repoussant. Je rêvais d’être chevalier de la table ronde moi ^^ mais la condition de femme l’empêche alors je me disais  » j’ai qu’a être la femme d’un chevalier » bien sûr pour jouer c’est moins amusant. Je rêvais beaucoup mais plus maintenant. Moi non plus #jenaipasporteplainte et je me tais car on m’a bien dit de ne pas en parler et pourtant j’ai essayé de porter plainte. Mais le gendarme m’a rembarrée, le psy m’a pas cru et maintenant c’est trop tard,bref.
    J’aimerais pouvoir rêver encore, pouvoir me sentir en sécurité et libre moi aussi.
    Merci beaucoup.

  3. Eve, Merci a toi surtout pour ce commentaire si joli et touchant.
    Oui, nous sommes toujours restreintes par cette peur d’être agressée et que tellement de choses nous y conditionnent. Ton exemple est frappant, car entre les gros lourds en boites, l entourage qui prône le silence, la police.. on se croit condamnée a garder ça pour soi..
    Alors bien sur ce que je vais te dire n’engage que moi, pour porter plainte, je ne sais pas, vu la loi actuelle, mais au moins pour en parler, je crois que si un psy ne t’a pas cru, et bien en chercher un qui lui serait bien et qui enfin te croirait, pourrais te permettre d’en parler et d’expulser la responsabilité de tout ça. Je ne dis pas que cela va d’un coup de baguette magique te redonner sécurité, mais en tous les cas, cela pourrait te mettre sur le chemin de la table ronde… mais ce n’est qu’un conseil et ce n’est que le mien.
    Mais comme je te comprend et comme je souhaites que nous puissions toutes rêver d’être des femmes-chevaliers qui choisissent soit le champs de bataille, soit la liberté de vivre et danser aussi!!
    Alors un immense merci à toi pour ton message et ton témoignage, a vous toutes ici qui postez et qui me rassurez en me disant que ces rêves nous étions nombreuse a les avoir et que c’est cette sécurité et insouciance dont nous avons tant besoin. Et que je te souhaites non pas de retrouver pleinement certes, ça la société a encore beaucoup a faire, mais au moins de pouvoir en rêver de nouveau.
    Merci et surtout Pas de Justice Pas de Paix, gardons la tête haute! 🙂

    Si jamais, je te joins les numéro a appeler qui peuvent déjà t’orienter si tu le souhaites
    http://pasdejusticepasdepaix.files.wordpress.com/2012/04/capture-d_c3a9cran-2012-04-05-c3a0-23-46-37.png
    et le page de Muriel Salmona, sychiatre et psychotraumatologue dont les travaux sur le viol sont majeurs pour la compréhension de sont traumatisme :
    http://pasdejusticepasdepaix.wordpress.com/viols-traumas/
    http://memoiretraumatique.org/psychotraumatismes/origine-et-mecanismes.html

    Des bises a vous les filles à qui ce texte parle:) merci merci merci merci merci…….!!!!!

  4. Enfin, bien sur que si dans l’absolue il faudrait porter plainte et surtout le pouvoir, mais disons que je suis mal placée pour parler de ce coté là..lol

  5. Merci beaucoup pour les liens. J’ai quitté la France après ça et ici je suis suivie ici. Je me sens plus en sécurité à l’étranger car IL(s) sont en France et que les gens ici m’ont vraiment écoutée sans me juger. Je n’ai pas reçu de remarque culpabilisante pour l’instant et j’espère vivre dans ce pays pour plusieurs années. J’ai beaucoup trop peur de rentrer en France.
    Merci beaucoup, j’ai lu les travaux du docteur Salmona et ça aide vraiment à comprendre les mécanismes du cerveau. Pour la plainte oui, il faudrait mais ce que m’a dit le gendarme et les deux autres agents qui l’accompagnaient m’ont fait tellement mal que je suis partie. Ils ne me croyaient pas et ils ont été très… désagréables. De ce fait j’ai perdu la totale confiance que j’avais dans la justice et comme ça s’est passé il y a longtemps et bien je n’ai plus les preuves matérielles que j’avais avant et ça sera sa parole ( a celui là ) contre la mienne et de part mon passé suicidaire ( après les viols) , je ne serai pas crédible. C’est trop tard. J’essaie juste constamment de tenir jour après jour.
    Merci

    • Merci a toi Ève, et surtout je suis (nous sommes) avec toi, pour oui tenir le coups, ce que j’espère de tout coeur car ce n’est pas a toi de « payer » et porter le poids de cette agression.. Ce que tu dis sur la France est tellement vrai.. D’ailleurs, par curiosité, dans quel pays un tel accueil a t’il lieu? en Europe? Si c’est le cas, cela est un vrai espoir pour changer les mentalités, car nous n’avons pas, à priori, a devoir être crédible pour être respectées. Ici ou ailleurs.

  6. Voila bien longtemps que je n’avais pas lu cet article. Désolée du retard, je n’avais pas vu que vous aviez répondu. Je vis maintenant depuis deux ans en Australie et les dernier viols avec le dernier IL c etaient en 2008/2009 ça fait un peu plus de 4 ans car ca avait  » fini » en mi 2009.
    Ici, j’ai droit a des sessions avec des psychologues formés exprès pour ça. Dans des locaux ou le personnel est uniquement féminin et ou la présence d’hommes se limite aux réparateurs etc. afin que nous nous sentions en sécurité.
    J’ ai developpé un Syndrome de stress post traumatique complexe et chronique ansi qu’une phobie accrue des hommes mais ici, quand je dis  » j’ ai peur de vous docteur, vous etes un homme, il ne me tuche pas, ne me juge pas et va chercher une collegue pour m ‘ausculter. Ici alors que j’ été témoin d’une agression a caractère sexuelle dans mon batiments, les policiers m’ont fait prendre ma dépositions par des femmes et se mettaient à une distance correcte de moi. Ici on m’a dit  » on vous protège, il vous intimide vous approche et vous nous appeler et on l’arrete. » Cependant meme avec les autres témoins cet homme n’a eu que des travaux d’interêt général. Je ne sais pas comment se passe la justice ici mais c’est le seul endroit au monde ou ma psy m’appelle de temps en temps pour savoir si je vais bien et que pour me rassurer l’hopital m’appellait tous les deux jours quand e n’avais pas de psychiatre et/ ou de psy.
    Les criminels sont partout ds le monde mais ici, on me croit et on ne m’a jamais niée.
    Eve

  7. #jenaipasporteplainte car quand j’ai trouver le courage d’en parler à ma mère à 11 ans elle ma couper en me disant que jamais elle ne le quitterais et qu’elle me jetterait a la rue si je tenter quoi que se sois…

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