Lettre ouverte au Conseil National de l’Ordre des Médecins


                                               Conseil National de l'Ordre des Médecins
                                               180 Boulevard Haussmann
                                               75008 Paris
                                                                                        Paris, le 12 décembre 2012

 Monsieur le président du Conseil National de l’Ordre des Médecins,

Nous, victimes d’agressions sexuelles, de viols,

Nous, dont la vie a été brisée par ces actes criminels

Nous, associations ou personnes physiques qui soutenons ces victimes,

Nous, qui en avons assez que ces crimes soient ignorés par des médecins qui diagnostiquent des psychoses parce qu’ils refusent de considérer les graves conséquences de ces crimes.

Nous, qui ne pouvons admettre que le signalement soit confondu avec une « mode » alors même que 5% seulement des signalements sont le fait des médecins.

Nous tous et toutes considérons que le déni  personnel d’un médecin, a fortiori un médecin médiatisé comme l’est le docteur Marcel Rufo, ne peut en aucun cas perpétuer la désinformation sur les violences sexuelles. Marcel Rufo a déjà comparé l’allaitement maternelle au-delà de trois mois à « un abus sexuel » . Seulement, « Incestuel » a réctifié le DR. Rufo. Il a déjà fait passer l’idée qu’un petit garçon jouant avec des poupées serait obligatoirement homosexuel… Nous ne listerons pas ici tous les « délires » de Monsieur Rufo. Vous en avez un florilège en annexe.

Après lecture de ce qui suit, nous,  ne comprendrions pas, Monsieur le Président du Conseil de l’Ordre, que vous n’introduisiez pas une plainte contre le Docteur Marcel Rufo, comme vous y autorise l’article  « Art. R. 4126-1 du code de la santé publique (1).

Nous vous demandons instamment de sanctionner le discours de Marcel Rufo qui s’est permis, notamment, de poser un diagnostic télévisé sur une femme qu’il n’a non seulement jamais vu mais même pas entendu.

 Lors de l’émission « Allo Rufo » du 3 décembre 2012 , entre un appel pour des doudous et un autre portant sur  la timidité (à l’école seulement) d’une petite fille, un appel portant sur les violences sexuelles qui auraient été commises sur une enfant. Le docteur Rufo répond à la question posée par « Monique »  Retranscription intégrale ci-dessous, ainsi que le lien pour visionner la dite émission. Cette vidéo vous permettra non seulement d’avoir confirmation de la retranscription mais aussi de voir le remake de «  ainsi font font les petites marionnettes » interprété par le Docteur Rufo dans le générique de l’émission et enfin de remarquer les mimiques et le sourcil levé au moment précis ou Monique prononce les termes abus sexuel.

 Nous estimons que le Docteur Rufo a manqué au code de déontologie et notamment aux obligations  prescrites  dans les articles suivants :

Article 2 : Le médecin, au service de l’individu et de la santé publique, exerce sa mission dans le respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité

Le Docteur Rufo qui a fait un diagnostic d’une jeune femme majeure alors même que personne ne le lui a demandé a manqué de respect à cette jeune femme. Il a par ailleurs laissé entendre que cette femme ainsi que les enfants pour lesquels il pourrait y avoir « non-lieu » sont des menteurs. Il a estimé, nous ne savons pas à partir de quelles études, que «L’immense majorité des enfants abusés vont bien ». Par conséquent il a manqué de respect à toutes les victimes de violences sexuelles qui contrairement à ce qu’il raconte ne vont PAS (euphémisme) BIEN parce que psychotraumatisées et non parce qu’elles seraient psychotiques ou délirantes.

Article 3 « Le médecin doit, en toutes circonstances, respecter les principes de moralité, de probité et de dévouement indispensables à l’exercice de la médecine »

 Nous pensons que le Docteur Rufo a failli à ces principes.

 Aricle 13 « Lorsque le médecin participe à une action d’information du public de caractère éducatif et sanitaire quel qu’en soit le moyen de diffusion, il doit ne faire état que des données confirmées, faire preuve de prudence et avoir le souci des répercussions de ses propos auprès du public…

Cette lettre, ainsi que les réactions des victimes d’incestes et des professionnels montrent les « répercussions de ses propos  auprès du public » . Une pétition(2) lancée, en réaction aux propos de Monsieur Rufo a déjà, à l’instant même ou nous rédigeons cette lettre, a recueilli  2154 signatures.

 Article 31 « Tout médecin doit s’abstenir, même en dehors de l’exercice de sa profession, de tout acte de nature à déconsidérer celle-ci »

 A lire les nombreuses réactions des professionnels y compris des médecins, le docteur Rufo a déconsidéré la profession

 Article 33 « Le médecin doit toujours élaborer son diagnostic avec le plus grand soin, en y consacrant le temps nécessaire,… »

 A l’évidence, un diagnostic posé en quelques secondes en l’absence de la patiente et en disposant de si peu d’éléments va à l’encontre de cet article .

 Article 70 du code « Mais ne doit pas, sauf circonstances exceptionnelles, entreprendre ou poursuivre des soins, ni formuler des prescriptions dans des domaines qui dépassent ses connaissances, son expérience et les moyens dont il dispose »

 Nous pensons en effet, que le domaine des violences sexuelles et leurs conséquences dépasse les connaissances du Docteur Rufo. De même d’ailleurs que le domaine juridique :  Monsieur Rufo se permet de dire qu’un non-lieu signifie mensonge de l’enfant. Qu’un signalement est une mode. Et enfin conseille de poser la question quant à la véracité des faits à l’agresseur présumé. Ceci peut non seulement être considéré comme une « obstruction à la justice » mais est d’une inconséquence grave. Sait-il seulement qu’en donnant un tel conseil l’éventuelle procédure judiciaire pourrait s’en trouvée viciée. Sait-il comment l’auteur présumé va réagir  lorsque la mère de cette jeune femme l’interrogera ? Et, le délai de prescription le connaît-il ? Bien sur que non, « l’abus sexuel » n’est pas inscrit dans le code pénal…

Nous vous remercions, Monsieur le Président du Conseil de l’Ordre de donner la suite qui convient à cette plainte et vous prions d’agréer nos considérations distinguées.

(1)   « Art. R. 4126-1. – L’action disciplinaire contre un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme ne peut être introduite devant la chambre disciplinaire de première instance que par l’une des personnes ou autorités suivantes : « 1° Le conseil national ou le conseil départemental de l’ordre au tableau duquel le praticien poursuivi est inscrit à la date de la saisine de la juridiction, agissant de leur propre initiative ou à la suite de plaintes, formées par les patients, les organismes locaux d’assurance maladie obligatoires, les médecins-conseils chefs ou responsables du service du contrôle médical placé auprès d’une caisse ou d’un organisme de sécurité sociale, les associations de défense des droits des patients, des usagers du système de santé ou des personnes en situation de précarité, qu’ils transmettent, le cas échéant en s’y associant, dans le cadre de la procédure prévue à l’article L. 4123-2

(2)   http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/president-de-la-r%C3%A9publique-stop-%C3%A0-la-d%C3%A9sinformation-sur-les-violences-sexuelles-faites-aux-enfants

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Retranscription du discours du Docteur Marcel Rufo – pédopsychiatre – lors de l’émission « Allo Rufo » du 3 décembre 2012

 Monique :

J’ai une fille de 28 ans, nous avons appris qu’elle était tombée dans une addiction très forte à des médicaments c’est-à-dire des antalgiques et ensuite nous avons du faire une HDT Et, un mois plus tard elle a craqué . Et elle nous a dit qu’elle avait toujours eu la conviction pendant toute son enfance, enfin, toute sa vie d’avoir été abusée sexuellement mais pendant sa petite enfance c’est-à-dire vers 3 – 4 ans et elle nous a cité un nom… Je voudrais savoir si cette intime conviction peut correspondanre à la réalité . Docteur  Rufo : L’immense majorité des enfants abusés vont bien … a distance après le sévices . Elles ont bien sûr des craintes un peu précises, mais elles vont bien dans leur vie amoureuse , sexuelle, personnelle, professionnelle

 

{Monique veut dire quelque chose,  pas le temps,  le docteur Rufo continue …}

Donc, en quelque sorte un abus ne peut pas entraîner un tel dégât sauf si la vulnérabilité et la fragilité du sujet vient faire que l’abus renforce cette pathologie d’organisation.
Là dans ce que vous décrivez, c’est complètement fantasmatique. Ca fait partie peut être de son organisation un peu plus de reconstruction délirante du monde où un ennemi , un agresseur existe fondu comme ça dans son histoire. Donc la première chose à faire c’est de vérifier auprès de la personne citée les choses : de dire voilà notre fille dit ça qu’en penses- tu ? En plus c’est respecter, c’est respecter votre fille que de tenir compte de sa parole. puisque qu’elle cite quelqu’un il faut vérifier les choses .

Monique : Je souhaiterais justement en parler à la personne en question est-ce qu’il faut que ça se fasse en sa présence à elle

Docteur  Rufo

Non mais je crois que ça doit se faire vous… D’abord est ce qu’il faut rendre juridique ou non la mode , la loi même c’est de dire signalement … Mais en même temps il y a quelque chose qui , alors moi je suis très favorable au signalement des enfants Mais en même temps je m’étonne de quelque chose, lorsque par exemple il y a enquête ou examen, expertise, et que, finalement on aboutit a un non-lieu… Souvent certains parents disent mais nous on croit l’enfant Alors que visiblement c’est une organisation fantasmatique de crainte et tant mieux parce que tant mieux parce que personne ne souhaite l’abus quoi hein Non là, en l’occurrence compte tenu des troubles, de l’HDT de la part … ce n’est pas un irrespect de votre fille ce n’est pas parce qu’elle est en psychiatre que sa parole ne doit pas être entendue attention a ce je que vous dis, mais en même temps, en même temps le malade mental, le délirant, reconstruit un monde parce qu’il ne veut plus percevoir le monde et ce monde est peuplé d’ennemis , d’évènements dramatiques, d’histoires comme ça Il vaut mieux que vous vous rapprochiez aussi du service où elle a été hospitalisée pour un suivi en hôpital de jour un suivi régulier pour que quelque chose soit entrepris avec elle pour la reprise d’activité , pas seule, pas confinée, pas hospitalisée chez vous mais en relation étroite avec le service de psychiatrie adulte pour qu’il l’accompagne dans ou un foyer occupationnel ou un placement ou un emploi aménagé ou une formation et un suivi quoi Ne l’abandonnons pas à sa pathologie voilà ce que je veux dire Et merci de votre appel

 

Vidéo 

 

http://www.youtube.com/watch?v=WmzZMYUC2nc

 

 

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 Florilège :

J’entends sans cesse les parents se lamenter: « Il ne débarrasse pas la table comme sa soeur. » Je leur réponds que ce n’est pas lui qui doit débarrasser la table, mais sa soeur. En revanche, le pack de bouteilles, c’est lui qui doit le monter. S’il y a du bois à couper, pareil. Il porte le poids le plus lourd, il est plus fort qu’elle. Mais, si la mère fait un gâteau, la fille peut l’aider à verser la farine. Ce n’est pas une honte. Il faut savoir faire la différence entre le bois, le poids, la farine et les gâteaux. Je passe mon temps à me disputer avec les familles égalitaires. Il a renversé du vin sur la table, sa soeur le nettoie; c’est bien, elle est gentille. Il descend les poubelles dans le noir, il la protège de sa peur et de l’agression, et elle l’aide dans sa maladresse. Cela vous scandalise-t-il?

« En revanche, la pornographie ne me gène pas trop. Ça intéresse les ados et les enfants : les gros, petits kikis, comment les filles font pipi, c’est pornographique !

« Un sein qui allaite n’est pas un sein sexué. Lorsque la maman recommence à avoir des relations sexuelles – le plus tôt est le mieux – elle ne peut pas allaiter et se faire caresser un sein: ça ne se partage pas, un sein. Je suis en plein combat avec mes consoeurs Edwige Antier et Christiane Olivier, qui tiennent des propos bizarres: il faut allaiter son bébé jusqu’à 1 an. Moi, je crois qu’au 3e mois on peut le mettre à la crèche et reprendre le travail. Et lorsque je vois un garçon de 4 ans téter encore sa mère, je le signale au juge. Quand un gosse touche les seins de sa mère, elle doit lui dire: «Non, laisse-moi. Ce sont nos jouets à nous, ton papa et moi. Toi, tu as ta voiture.»

Les préférences sexuelles se détectent aussi très tôt. L’homosexuel commence tout petit sa carrière: si un garçon joue avec des poupées, n’aime pas le foot, fuit la bagarre, ne s’amuse qu’avec des filles, veut faire de la danse, commande des Barbie pour cadeau, c’est plié. Et sa mère le sait

L’enfant choisit sa sexualité: homo, hétéro, ou mixte. Préférer être une fille, par exemple, à préférer les filles, ce n’est ni biologique ni hormonal, c’est un choix de vie. Ensuite, l’environnement s’adapte plus ou moins. Les enfants, eux, acceptent toujours l’homosexualité d’un de leurs parents. Un enfant ne dit jamais: « Mon père est un pédé »; « Ma mère est une gouine. » Leur mère, c’est leur mère. Leur pudeur les préserve. Ce n’est pas facile non plus d’avoir un père qui a 15 nanas. Mais c’est son affaire. L’enfant ne veut pas le savoir. Si nous savions de quoi nous sommes nés, tous autant que nous sommes, nous serions vachement déprimés. »

http://www.lexpress.fr/culture/livre/parlez-d-amour-aux-enfants_819073.html

Finalement le diagnostic de Rufo est peut-être  « Une dérive sémantique digne des jeunes des cités » ? http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/article/people/64088/dsk-rufo-appelle-rocard-a-la-retenue.html

Manifestement c’est un manquement au code de déontologie médicale

 

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7 réflexions au sujet de « Lettre ouverte au Conseil National de l’Ordre des Médecins »

  1. j’avais envoyé une lettre au conseil de l’ordre (dont les présidents de section Ethique et Déontologie : Dr. Piernick CRESSARD
    Exercice Professionnel : Dr. André DESEUR
    Formation et compétences médicales : Dr. Robert NICODEME
    Santé Publique : Dr. Patrick ROMESTAING

    j’ai reçu aujourd’hui une convocation au conseil de l’ordre des Bouches du Rhône, voir ci dessous:

    ORDRE NATIONAL DES MEDECINS
    CONSEIL DEPARTEMENTAL DES BOUCHES-DU-RHONE
    Marseille, le 14 janvier 2013
    Le Secrétaire Général
    Madame Aude FIEVET
    Références à rappeler dans toute correspondance
    MAD/CM 2013.0032
    Conciliateur : Pr Christian COULANGE
    Madame,
    Nous avons pris connaissance de votre courrier daté du frdécembre 2012, enregistré au siège du Conseil national de l’Ordre des Médecins des Bouches-du-Rhône, le 26 décembre 2012, que nous a transmis le Docteur Michel FILLOL, Secrétaire Général Adjoint du Conseil National de l’Ordre des Médecins, par lequel vous déposez une plainte à l’encontre du Professeur Marcel RUFO.
    Conformément à l’article L.4123-2 et suivants du Code de la Santé Publique, nous vous saurions gré de bien vouloir vous présenter au siège du Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins des Bouches-du-Rhône, en vue d’assister à la réunion de conciliation qui se tiendra le :
    Vendredi 1″ février 2013 à 11 h 00
    Nous vous informons par ailleurs, que la loi de finances rectificative pour 2011, a dans son article 54 (article 1635 bis Q du Code Général des Impôts), prévu une contribution pour l’aide juridique de 35 euros par instance introduite en matière civile, commerciale, prud’homale, sociale ou rurale devant une juridiction judiciaire ou par instance introduite devant une juridiction administrative.
    En cas d’échec de la conciliation, et selon les modalités fixées par le décret n° 2011-1202 du 28 septembre 2011, s’appliquant aux instances introduites à partir du ler octobre 2011, il vous appartiendra d’apposer un timbre fiscal mobile de 35 euros sur un exemplaire de votre plainte }__à_défaut, _cette dernière erra être_jugée irrecevable par la Chambre Disciplinaire de Première Instance. Sont dispensés de cette obligation, les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle, soit qu’ils justifient l’avoir obtenue, soit qu’ils justifient l’avoir demandée.
    Nous vous précisons enfin, que vous avez la possibilité de vous faire assister par la personne de votre choix.
    Dans l’attente de vous rencontrer, nous vous prions de croire, Madame, à l’assurance de nos sentiments les meilleurs
    Docteur Marc-André DISTANT!
    555, avenue du Prado – 13295 Marseille Cedex 08 –
    Téléphone: 04-96-10-10-20 – Télécopie: 04-96-10-10-26
    e-mail : bouches-du-rhone@13.medecin.fr – Site : http://www.consei113.ordre.medecin.fr

    je remarque que le conciliateur est onco urologue……à méditer.

  2. Hum… En effet, il a écrit sur les conséquences sexuelles de la pathalogie prostatique… Ce qui touche de très près les enfants comme chacun sait… Ils ne veulent donc pas comprendre que ce n’est pas une plainte directe mais que nous demandons au CN de porter plainte… Une autre personne est convoquée, je ne sais pas encore si elle avait envoyé une lettre personnelle ou celle qui est publiée ici. Pour ma part, pas de réponse… Je relance

  3. intéressant ce que tu dis! une autre personne seulement?
    je leur ai écrit noir sur blanc dans une 2 è lettre que c’était à eux de prendre la décision. :
    Aude Fiévet

    A Monsieur le président du Conseil National de l’Ordre des Médecins,
    Dr. Michel LEGMANN

    A Messieurs les Présidents de Section

    Ethique et Déontologie : Dr. Piernick CRESSARD
    Exercice Professionnel : Dr. André DESEUR
    Formation et compétences médicales : Dr. Robert NICODEME
    Santé Publique : Dr. Patrick ROMESTAING

    Monsieur le Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins,
    Messieurs les Présidents de Section ,

    Suite à ma lettre ci-dessous, à laquelle vous avez répondu le 20 Décembre 2012, je voudrais clarifier une incompréhension dûe à la rédaction peu précise de ma phrase, ce dont je m’excuse :

    « Je vous demande avec la plus grande insistance citoyenne de porter plainte contre le Dr Rufo…. »

    J’aurais dû écrire pour être parfaitement claire :

    « Je vous demande avec la plus grande insistance citoyenne que le Conseil national de l’Ordre des Médecins porte plainte contre le Dr Rufo en ce qu’il
    –déshonore tout le corps médical, et donc votre propre organisation, le Conseil de l’Ordre.
    –est dangereux pour la santé publique. »

    C’est bien à VOTRE responsabilité en tant que Responsables de l’Ordre des Médecins que j’en appelle en tant que citoyenne.

    Il ne peut vous échapper en effet que le Docteur Rufo a gravement manqué
    • à l’éthique et à la déontologie,
    • à l’exercice professionnel (a-t-il fait œuvre de médecin ou bien dispensé des conseils sans diagnostic médical réel et sans respect de l’équipe soignante en charge de la personne hospitalisée ? ),
    • qu’il n’a pas fait référence aux nouvelles compétences médicales sur le Stress Post Traumatique et les addictions (voir les Recommandations de la HAS),
    • et que ses paroles induisent la confusion dans l’opinion des téléspectateurs sur un sujet qui blesse des millions de Français.

    Pour tous ces faits, seul le Conseil de l’Ordre, par son autorité morale et le respect qui lui est dû, peut, par la conscience de sa responsabilité sociétale, sanctionner avec efficacité un de ses membres dont les manquements sont patents .

    Je reste à votre entière disposition pour toute suite que vous désireriez donner à cette lettre, à titre personnel et au titre de citoyenne responsable socialement.

    MA PRECEDENTE LETTRE :
    Je soussignée, FIEVET Aude,

    reconnue en 2007 au nom du Peuple Français comme victime des actes délictueux du sieur GUIGNARD Erik, en raison des agressions sexuelles aggravées commises sur mes fils, (et sur d’autres garçonnets)

    Docteur en Psychologie (Université Paris V),

    Ecoutante de victimes de pédocriminalité

    vous prie de bien vouloir considérer les éléments suivants.

    LES FAITS

    Le Dr Rufo répond sur France 5 à une série de questions formulées par les spectateurs sur leurs problèmes familiaux.
    Lors de l’émission du 3 décembre 2012 une femme a appelé pour une affaire grave. Il s’agissait d’une mère dont la fille de 28 ans était hospitalisée, et affirmait qu’elle avait subi des sévices sexuels dans l’enfance. Le Dr Rufo sans guère plus d’informations a répondu à la mère que cette jeune fille avait une perception « délirante » du monde puisque la « L’immense majorité des enfants abusés vont bien ».

    voir Annexe

    MES CONSTATATIONS

    Il est évident que de tels propos :
    -1/ ne s’appuient sur aucune des recherches scientifiques actuelles, et ignorent tout des conséquences dramatiques des sévices sexuels sur la santé des victimes ,
    -2/ vont à l’encontre du respect de la personne hospitalisée dont on parle dans l’émission, et de toutes les victimes de sévices sexuels, en particulier sur mineurs.
    -3/ vont à l’encontre du code de déontologie des médecins,

    1/
    1.1 Je copie ici un extrait d’un article du Docteur Muriel Salmona qui prouve les erreurs scientifiques caractérisées du discours du Dr Rufo : http://memoiretraumatique.org/qui-sommes-nous/campagnes.html

    « Or les violences subies pendant l’enfance quand elles ne sont pas prises en charge sont un des déterminants majeurs de la santé et du bien-être d’une population : une étude américaine récente sur 17 000 personnes montre, 50 ans après des violences et des négligences subies pendant l’enfance, une augmentation considérable et proportionnelle (au nombre de violences et de négligences différentes subies, score allant de 0 à 8), de morts précoces, de pathologies organiques (infarctus du myocarde, hypertension, diabète, obésité, affections broncho-pulmonaires, maladies sexuellement transmissibles, fractures, hépatites), de pathologies psychiques (états de stress post traumatique, suicides, dépression, angoisses, attaques de panique, troubles de la personnalité, insomnie, troubles de la mémoire et de la concentration), de conduites addictives (tabac, alcool, drogues), de troubles de l’alimentation, de conduites sexuelles à risque, de violences à nouveau subies et de violences commises, de désinsertion sociale
    (Felitti VJ, ACE Study, The Relationship of adverse childhood experiences to adult health status, 2010).
    Ces conséquences à long terme sont dues à des troubles psychotraumatiques chroniques qui s’installent quand les victimes de violences ne sont ni identifiées, ni prises en charge, ni protégées, ni soignées. Abandonnées seules avec une grande souffrance et un sentiment d’insécurité permanent elles devront survivre en mettant en place des stratégies d’auto-traitement. Ces stratégies de survie auront de lourdes conséquences sur leur santé, et de plus seront un facteur d’exclusion et de pauvreté, et un facteur de risque d’être à nouveau victime de violence ou de reproduire des violences. »
    1.2 Une autre étude montre que :
    « La revue de la littérature permet de dire que 20 à 44% des victimes d’abus sexuels dans l’enfance ne présentent pas de signes d’un devenir négatif (Dufour et al 2000 Dufour MH, Nadeau L, Bertrand K. Resilience factors in the victims of sexual abuse : state of affairs. Child Abuse Negl 2000 ; 24 : 781-97.) donc c’est une minorité puisque de 56 à 80% des victimes ont besoin d’être soignées.

    2/
    -2.1 Pour la personne dont le Dr Rufo a parlé :
    Sachant également que la guérison d’une victime de sévices sexuels sera considérablement influencée par l’écoute et la validation de ce qu’elle a vécu, par une thérapie adéquate, par la protection de sa personne, et par la bienveillance de son entourage, que peut-il advenir avec un tel mépris de la réalité et des souffrances endurées ?
    -2.2 Pour la population qui a visionné l’émission :
    Sachant que la population française souffre déjà d’un retard considérable par rapport à bien d’autres pays occidentaux sur les violences sexuelles (leur réalité, leur étendue et leurs conséquences sur les individus et sur la population), que peut-il advenir avec un tel déni médiatique ? Ces propos auront des répercussions graves sur les téléspectateurs en manque d’informations.

    3/ Je constate avec beaucoup d’autres personnes que le docteur Rufo fait ici plusieurs graves enfreintes au code de déontologie médicale.

    En particulier aux articles suivants :

    Article 2 : Le médecin, au service de l’individu et de la santé publique, exerce sa mission dans le respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité.
    Article 13 (article R.4127-13 du code de la santé publique)
    Lorsque le médecin participe à une action d’information du public de caractère éducatif et sanitaire, quel qu’en soit le moyen de diffusion, il doit ne faire état que de données confirmées, faire preuve de prudence et avoir le souci des répercussions de ses propos auprès du public. Il doit se garder à cette occasion de toute attitude publicitaire, soit personnelle, soit en faveur des organismes où il exerce ou auxquels il prête son concours, soit en faveur d’une cause qui ne soit pas d’intérêt général.
    Article 31 « Tout médecin doit s’abstenir, même en dehors de l’exercice de sa profession, de tout acte de nature à déconsidérer celle-ci »
    Article 33 « Le médecin doit toujours élaborer son diagnostic avec le plus grand soin, en y consacrant le temps nécessaire,… »

    Le docteur Rufo a failli à l’ensemble de ces principes :
    -Le docteur Rufo n’a pas pris le plus grand soin pour élaborer son discours que les téléspectateurs reçoivent comme un diagnostic, diagnostic qu’il ne peut établir légalement en l’absence de la personne désignée.
    -Par ailleurs cette femme majeure n’est pas sa patiente et ne l’a pas choisi comme médecin.
    Le docteur Rufo a émis en tant que médecin des propos graves avec la plus grande légèreté, en quelques instants, sans connaître la jeune femme désignée, la qualifiant de délirante. Il a par ailleurs laissé entendre que cette femme mentait : mais pourquoi un présumé agresseur dirait plus la vérité qu’une présumée victime ?
    C’est pourtant ainsi que le considère le Dr Rufo en conseillant à la mère d’aller poser la question à la personne désignée par sa fille comme pédocriminelle. Or il est scientifiquement reconnu (Conférence de consensus 2001 de la Fédération Française de psychiatrie sur les agresseurs sexuels : http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/conf&rm/conf/confagrsex/default.html) que plus de 80% des pédocriminels ayant été reconnus coupables par la justice ne se reconnaissent aucune responsabilité, et nient même devant l’évidence.
    Parmi les 90% d’agresseurs qui échappent aux autorités, et ont donc un sentiment d’impunité totale, pensez vous que le % sera meilleur ?
    De plus, le Dr Rufo laisse entendre que les décisions judiciaires de non lieux et de classements sans suite peuvent être le signe d’une invalidation des plaintes alors que cela signifie authentiquement que la justice manquait de preuves pour dresser un jugement. Cela n’a jamais signifié que les faits de violences décrits n’ont pas eu lieu. C’est un abus d’autorité sur un terrain qui n’est pas le sien.

    Concernant la stature médiatique du Dr Rufo, il est dramatique qu’il n’ait pas eu le soucis des répercussions de ses propos auprès de la famille concernée, et auprès du public national.

    MES DEMANDES

    Je ne supporte plus que de nombreux médecins diagnostiquent des psychoses parce qu’ils ne se forment pas aux avancées des neurosciences en ce qui concerne le Syndrome de Stress Post Traumatique et ses diverses manifestations, y compris les formes pauci symptomatiques.

    Je ne supporte plus que TOUTES les recommandations de bonne pratique de la HAUTE AUTORITE DE SANTE : http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_1067136/reperage-et-signalement-de-l-inceste-par-les-medecins-reconnaitre-les-maltraitances-sexuelles-intrafamiliales-chez-le-mineur :
    « Repérage et signalement de l’inceste par les médecins : reconnaître les maltraitances sexuelles intrafamiliales chez le mineur »
    ne soient pas appliquées par les médecins, en ce qui concerne
    -la parole des victimes,
    -les conséquences individuelles et nationales des violences sexuelles sur mineurs, qui coûtent à l’état en première évaluation plus de 4.5 Millions d’euros (Prof. Bichot, université de Lyon)
    -les meilleures thérapies dans ces cas très particuliers et en même temps si fréquents
    -le signalement alors même que 5% seulement des signalements sont le fait des médecins.

    Je ne supporte plus que le Dr Rufo ose se poser en spécialiste et adresse à la France entière des conseils anti thérapeutiques que déjà de nombreux médecins, psychiatres, et psychothérapeutes ont été obligés de corriger, mais sans que la chaine de télévision ni le Dr Rufo ne daignent émettre des excuses pour leurs erreurs graves, et ne fassent une reconnaissance publique du caractère faux et dangereux de ses propos pendant une émission suivante .

    En conséquence, et avec de très nombreuses associations d’accompagnement des victimes de violences sexuelles dans l’enfance, avec de très nombreuses victimes elles même, je pense que ce mépris du code de Déontologie des médecins doit être réprimé fermement.

    Je vous demande avec la plus grande insistance citoyenne de porter plainte contre le Dr Rufo en ce qu’il
    –déshonore tout le corps médical, et donc votre propre organisation, le Conseil de l’Ordre.
    –est dangereux pour la santé publique.

    Nota L’intervention du docteur Rufo a soulevé une considérable réaction d’indignation de la part de bons nombres de professionnels de la santé, d’associations, et de citoyennes et citoyens, victimes ou proches de victimes de violences sexuelles dans l’enfance. Une pétition à son encontre a déjà récolté à l’heure actuelle, 2375 signatures en quelques jours seulement.

    Je vous prie d’agréer, Messieurs, l’expression de ma considération citoyenne et de mon grand respect.

    Aude Fiévet

    voilà!
    serait tu ok pour venir avec moi, puisque j’ai droit à une personne? ou bien cela peut il desservir ta propre cause? je ne veux surtout pas te gêner dans ta démarche à toi. moi j’y vais avec joie, je n’ai pas besoin d’être soutenue, c’est plutôt pour occuper le terrain et avoir plus d’ arguments.
    tiens moi au courant…merci d’vance.

  4. Voilà le commentaire de Ruffo sur « l’affaire Pistorius » (classée dans « faits divers » 😦 )…
    Ce type DOIT être interdit d’exercer avec obligation de formation par Muriel Salmona ET interdiction de parler à france inter et/ou ailleurs !!!!
    http://www.leparisien.fr/diaporama-videos/index.php?source=home&sig=3142dd695dds&pub=16838&rub=par:www:faits_divers

    Désolée de donner de l’eau au moulin de ta colère 😉

    Bien à toi

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